TOMORROW’S WOMEN 

11 AU 24 JUILLET 2025

 

Quatorze jeunes palestiniennes et israéliennes séjournent aux Diablerets, un partenariat avec Tomorrow’s Women

 
En dépit de la situation catastrophique à Gaza, très inquiétante en Cisjordanie et d’un nouveau conflit armé entre Israël et l’Iran mi-juin 2025, qui ont complexifié le passage des frontières et rendu le voyage éprouvant et long, les participantes du groupe Tomorrow’s Women sont arrivées comme prévu en Suisse le vendredi 11 juillet. Durant leur séjour aux Diablerets du 11 au 24 juillet, les 14 jeunes femmes de Cisjordanie occupée et d’Israël, âgées de 15 à 18 ans, ont eu l’occasion d’approfondir leurs liens et de se préparer aux défis futurs du leadership.  
 
Le premier jour, les Palestiniennes ont pu profiter dès le midi du merveilleux verger de Elisabeth et Jean-Pierre Clément à Cuarnens, autour d'une table dressée sous les cerisiers au milieu des champs de blé, avant de découvrir le chalet aux Diablerets. Elles y ont été rejointes en soirée par le groupe en provenance de Tel Aviv. 
 
Le jour suivant, elles ont découvert la fabrication traditionnelle du fromage de l’Étivaz aux Mosses, et vu un troupeau de vaches très heureuses de s’égayer dans les prairies. Elles sont rentrées au chalet par un sentier pédestre. Les jeunes filles et leurs encadrantes ont été 
- toutes - émerveillées par la beauté et la quiétude des lieux. Cette première journée leur a permis de trouver leurs marques, de revenir de leur surprise en découvrant que les portes des chambres et des toilettes n’avaient ni clé ni même serrure - avant de débuter le travail interne.
 
Qui est Tomorrow’s Women ?
Depuis 21 ans, Tomorrow’s women œuvre pour l’autonomisation des jeunes femmes et leur inculque des compétences essentielles pour résoudre les conflits et transformer leurs sociétés. Traditionnellement le Teen Leadership Program a lieu à Santa Fe aux Etats-Unis, mais compte tenu du soutien inconditionnel de l’administration Trump à la politique israélienne actuelle, Tomorrow’s Women a privilégié la Suisse en vertu d’un contexte historique marqué par la neutralité et la diplomatie. Avant leur venue en Suisse, les participantes, venant de Cisjordanie occupée et d'Israël, âgées de 15 à 18 ans, avaient travaillé sur des thèmes essentiels : identité, genre, récits personnels, ainsi que les enjeux sociaux et politiques auxquels elles doivent faire face. 
 
Les activités du séjour
Pendant deux semaines, les 14 jeunes femmes ont plongé dans le programme intensif, accompagnées de Lama et Sarah (facilitatrices), d’Ameera et Noa (responsables du camp) et de Roni (art-thérapeute). Guidées par la compassion, l’écoute, le respect des autres et de leurs propres limites, elles ont appris à observer ce qui les touchait ou les provoquait. À travers le storytelling, elles ont partagé entre elles leurs expériences personnelles du conflit — le moment délicat du séjour.
Les séances quotidiennes d’art-thérapie ont permis d’approfondir ce travail, en favorisant l’expression personnelle et collective, mais aussi la connexion à elles-mêmes et la guérison.
Ces expériences ont jeté les bases de liens solides entre elles et préparé le terrain pour leurs futurs défis de leadership.
 
Le séjour a toutefois été agrémenté par d’autres activités et par la visite de Lamia Faruki et de Holly Morris, la première présidente du conseil d’administration, la seconde, directrice de Tomorrow’s Women, qui souhaitaient assister à cette première collaboration. L’organisation a ainsi offert aux participantes et aux membres de Coexistences une fondue-raclette dans un restaurant du cru. Les jeunes filles ont également pu mettre au défi leurs limites mentales en faisant de l’accrobranche, dans la forêt enchantée de Parc Aventure Aigle. Ce qui a donné lieu à la chute du portable d’Ameera du haut d’une tyrolienne d’une dizaine de mètres. Le portable ayant eu un choc, tout comme sa propriétaire, il fallut le faire soigner par un spécialiste qui se contenta de masser l’appareil pour lui redonner vie !
 
Moins aventureuse, la balade du dimanche suivant, une marche le long de la rivière jusqu’au pied des Diablerets, avec cette fois la mésaventure du président de Coexistences dont la semelle s’était désolidarisée de sa chaussure de marche. La solution vint de l’art thérapeute qui avait de la ficelle dans son sac à dos, car elle avait prévu une séance d’art thérapie en extérieur dans une prairie parsemée de gros rochers et sous un soleil éclatant. Saine fatigue pour tout le monde et sentiment d’apaisement. Cinq membres suisses sont montés aux Diablerets pour accompagner le groupe ainsi qu’une journaliste de l’émission Hautes Fréquences, Jessica Da Silva. Vous pouvez écouter le podcast sur ce lien ou en page presse de notre site
 
Le lendemain matin, Carine Carvalho qui dirige le Bureau de l’égalité de l’Université de Lausanne est venue présenter le système politique suisse et aborder les questions d’égalité de genre. Sa présentation a été interactive. Elle a proposé aux filles un exercice de réflexion en groupe auquel les jeunes filles ont activement répondu en montrant un degré de maturité impressionnant.
 
L’avant dernier jour a eu lieu une escapade à Lausanne en bus avec une visite guidée du musée de l’Art Brut, gracieusement offerte par l’institution, suivie d’une séance shopping au centre-ville, dense mais sympa. 
 
Compte tenu du fait que les participantes ne séjournaient pas dans des familles d’accueil, une fête d’adieu avec un repas tacos avait été organisé le mercredi 23 juillet, veille du départ du groupe. Que dire de cette soirée ? Ce furent des montagnes russes d’émotions, avec des rires, des larmes, de la gravité. Le staff, Ameera, Lama, Sarah, Noa et Roni, cinq femmes courageuses, eurent des mots magnifiques pour les participantes. Les jeunes filles ont fait preuve d’une grande confiance à l’égard des membres présents en leur montrant ce qu’elles avaient créé durant les séances d’art thérapie, en expliquant notamment ce que représentaient leurs dessins, souvent très sombres. Elles ont terminé la soirée en lisant des textes d’une maturité sidérante et en chantant une chanson dont elles avaient inventé les paroles : « It’s a party in the chalet ». 
 
 
Une courbe de Gauss 
Vu de l’extérieur, c’est ce que ces jeunes filles ont dû expérimenter : une attente inquiète, un voyage éprouvant et angoissant puis une arrivée dans un lieu magnifique mais inconnu. Elle se sont ensuite habituées, pris leur marque, adaptées à ce nouveau rythme de vie et à leurs nouvelles colocataires ! Dès lors leur joie, leur enthousiasme, leurs rires, leurs chants et leurs danses ont résonné avec force dans cette paisible région des Ormonts !
 
Mais elles le savent bien, cette vie libre et insouciante n’est qu’une parenthèse, dans quelques jours la vraie vie reprendra ses droits, et si elles continuent à se fortifier, prendre soin les unes des autres, se parler, rire et pleurer ensemble, la crainte du retour se fait plus pesante, plus angoissante : demain, demain, demain…
 
Cette courbe, nous l’avons vécue aussi le dernier jour à Genève avec nos quatre amies Palestiniennes : il y a eu la fatigue d’une nuit sans sommeil, les adieux émouvants au reste du groupe à l’aéroport. Puis l’émerveillement, devant le lac et le mausolée de Brunswick, les selfies devant ce lieu surprenant, le petit-déjeuner au jardin des Alpes, la balade sur le lac et le jet d’eau de près ! Elles ont ri, profité de ces instants : elles étaient des touristes en vacances! 
 
Mais plus la journée avançait et plus l’inquiétude a repris le chemin de leur cœur : une crêpe, quelques dernières photos, il faut vite se rendre à l’aéroport. Dans le bus chacune se tait et pensent : demain, demain, demain…
 
Cependant, une courbe de Gauss ne ressemble-t-elle pas à un pont? Un pont fait pour relier deux points éloignés, deux groupes de sœurs qu’on aurait pu croire ennemies et qui ont découvert comme il est bon de s’asseoir ensemble, de se parler et de s’écouter, de s’aimer envers et contre tout ! 
 
Enfin, une courbe de Gauss ne ressemble-t-elle pas à une arche? Une arche qui permet de créer des ouvertures, des passerelles ou de soutenir le poids de toute une structure! C’est ce que nous souhaitons à ces jeunes filles, que ce qu’elles ont vécu et découvert pendant ces quelques jours leur permette d’être fortes et de tenir bon demain, demain, demain.
 
En guise de conclusion, demain, c’est aussi le fil solidaire qui s’est tissé entre toutes les femmes présentes durant le séjour. Ce fil, c’est une pelote de laine rose initialement prévue pour les séances d’art thérapie. Une des encadrantes débuta un tricot pour le plaisir ou la nécessité d’occuper ses mains, et au fil des jours, les facilitatrices, les encadrantes, les femmes de Coexistences ont tricoté, une maille après l’autre, chaque jour quelques rangs, pour fabriquer une écharpe pour la petite fille d’Ameera, qui connait déjà la Suisse, un beau symbole de ces deux semaines.
 
Que toutes celles et ceux qui ont contribué au succès de ce séjour soient ici chaleureusement remerciés : Camélia, Sébastien, Céline, Marianne, Cyrille, Valérie, Véronique, Massimo, Fiuna ainsi que la Fondation Sandoz pour sa générosité fidèle.
 
Marianne Francillon, Véronique Rochat et Fiuna Seylan Ongen

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