2016
BREAKING THE ICE
TREK EN MONTAGNE D’ÉTUDIANTS JUIFS ET ARABES DE L’UNIVERSITÉ DE HAÏFA,
ACCOMPAGNÉS D’ULFAT HAIDER
2016
BREAKING THE ICE
TREK EN MONTAGNE D’ÉTUDIANTS JUIFS ET ARABES DE L’UNIVERSITÉ DE HAÏFA,
ACCOMPAGNÉS D’ULFAT HAIDER
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TREK EN MONTAGNE D’ÉTUDIANTS JUIFS ET ARABES DE L’UNIVERSITÉ DE HAÏFA,
ACCOMPAGNÉS D’ULFAT HAIDER
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BREAKING THE ICE
TREK EN MONTAGNE D’ÉTUDIANTS JUIFS ET ARABES DE L’UNIVERSITÉ DE HAÏFA,
ACCOMPAGNÉS D’ULFAT HAIDER
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TREK EN MONTAGNE D’ÉTUDIANTS JUIFS ET ARABES DE L’UNIVERSITÉ DE HAÏFA,
ACCOMPAGNÉS D’ULFAT HAIDER

BREAKING THE ICE

LA FORCE DU GROUPE

En collaboration avec Beit HaGefen, centre multiculturel de Haïfa

Pour la septième année consécutive, dix étudiants et étudiantes de l’Université de Haïfa, juifs et arabes israéliens, sont venus effectuer un trek-dialogue dans nos Alpes, encadrés comme les autres années par leurs facilitateurs, Olfat Haider et Asaf Ron, de Beit Hagefen. Sélectionnés en début d’année parmi une soixantaine de candidatures, cinq jeunes hommes et cinq jeunes femmes, pour moitié juifs et pour moitié arabes, composaient ce groupe. Une préparation intensive au voyage avait débuté en mars dernier, avec une étape remarquable en avril : une rencontre - organisée par les participants - de leurs familles respectives, à laquelle toutes sans exception avaient assisté.



Arrivé par avion à Genève le 25 août en milieu de matinée, le groupe est pris en charge par la Protection Civile, s’arrête à Lausanne pour un accueil et un repas de midi à l’Ecole Catholique du Valentin (ce, grâce au soutien indéfectible que son directeur, Ahmad Abu Nijmeh, accorde à Coexistences), puis est transféré à La Fouly où il est comme de coutume hébergé dans le chalet de Danielle et Pierre Kohler. Deux jours plus tard, départ à pied depuis La Fouly, avec des sacs lourds (18 – 20 kg !), car il faut porter tentes, sacs de couchage, nourriture et matériel de cuisine : le principe de Breaking The Ice est de marcher en autosuffisance, en dormant à la belle étoile. Heureusement, le temps sera presque toujours sec et souvent ensoleillé. Sous la direction d’une accompagnatrice professionnelle de moyenne montagne (Marie-Jeanne Hugon-Mettaz les deux premiers jours, puis Nadja Schmid), le groupe progresse – via les Lacs de Fenêtre et la Combe des Planards – vers le col du Grand-Saint-Bernard, passe en Italie, franchit le col de Malatraz, traverse Courmayeur, campe dans le Val Ferret italien, affronte la dure montée vers le Petit Col Ferret, où il franchit à nouveau la frontière (dépourvue du moindre checkpoint !) pour se retrouver à La Fouly le 4 septembre après neuf jours de route.

des émotions fortes


J’accompagne le trek en tant qu’observateur délégué par Coexistences. Chaque jour comporte quatre à six heures de route (exceptionnellement sept), de manière à pouvoir marcher tranquillement, sans épuisement, en ménageant suffisamment de temps pour les activités de dialogue. Celles-ci sont organisées tour à tour par chacun des participants, et toujours encadrées par Olfat et Asaf. La langue est l’hébreu. Sont abordés des thèmes essentiels : identités, narratifs palestinien versus israélien. Les discussions sont vives, les émotions fortes. Le groupe me frappe tant par la franchise avec laquelle les points sensibles sont abordés que par la capacité d’écoute, de respect et d’empathie témoignée par chacun. Cette non-violence serait – tous les jeunes me le diront à un moment ou à un autre - inimaginable sans les liens d’amitié/fraternité qui se sont tissés entre eux au cours de la préparation au voyage, et que la marche en commun a encore renforcés.

Quelques événements marquants au fil de cette marche : la baignade dans les Lacs de Fenêtre (2400 m !) par la canicule régnant au premier jour de marche, l’accueil du Père Raphaël à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard, la visite de la fromagerie de Fournoutse dans la Combe des Planards, et au dernier jour du trek, à 3000m, en dessus du Refuge Fiorio, le contact avec la neige, le premier de leur vie pour la plupart de ces jeunes, glissades et batailles de boules garanties !

Le lendemain du retour à La Fouly, en fin de journée, un apéritif nous est offert par les autorités municipales, représentées par Janine Mottier Obrist et deux de ses collègues. Suit un repas fondue-raclette. S’y joignent quelques membres de Coexistences montés tout exprès à La Fouly. Les conversations s’engagent, et tous les Suisses sont frappés par la chaleur et l’amitié toutes particulières que dégage le groupe. De retour au chalet, l’atmosphère est euphorique et la soirée se termine en dansant.

Mardi 6 septembre, après-midi : fidèles au poste et ponctuels, les chauffeurs de la PC nous ramènent à Lausanne, où Ahmad attend les participants pour un exposé sur les institutions politiques suisses, insistant sur la culture de consensus qui permet à des populations aussi diverses de coexister en relativement bonne entente.

Le vol de retour est prévu pour le jeudi 8. Grande nouveauté par rapport aux années précédentes : pour leurs deux dernières nuits en Suisse, les participants sont hébergés, par paires, chez cinq étudiants et étudiantes de Lausanne. Léa, Olivia, Joan, Anaëlle et Samuel les attendent à la sortie de l’exposé d’Ahmad et passent avec eux une très belle soirée au bord du lac, avant de les ramener à Olfat et Asaf le lendemain matin. À la soirée d’adieu, mercredi soir au CPO, les cinq jeunes Suisses sont de la partie. Ils ont visiblement noué de chaleureux contacts avec leurs hôtes d’Israël, et certains se déclarent désormais prêts à s’engager activement dans Coexistences.

se sentir un groupe uni


Autres points d’orgue de la soirée d’adieu : deux des participantes présentent un très beau diaporama pour raconter le trek à leurs hôtes suisses. À l’enthousiasme de ces deux jeunes filles, aux mots choisis par elles pour commenter les images, on sent que ce voyage a représenté pour tous les participants une expérience extraordinaire : se sentir un groupe uni où chacun a pu ouvrir son cœur à l’autre. Par ailleurs, le groupe nous a préparé quelques délicieux petits plats moyen-orientaux. La fin de la soirée, en musique et en danse, restera pour chacun un merveilleux souvenir.

Quels projets au retour en Israël ? Premièrement, organiser une nouvelle rencontre des familles, semblable à celle qui a eu lieu en avril. À noter que le groupe venu l’année passée avait déjà fait de même : Asaf et Olfat veillent maintenant à ce que chaque édition de Breaking The Ice soit exploitée de cette manière pour créer des contacts entre Juifs et Arabes. Deuxièmement, les participants ont pris l’engagement de monter une autre activité impliquant des rencontres intercommunautaires ; il pourrait s’agir de week-ends dans la nature, ou de soirées-bar, proposés sur le campus de l’Université de Haïfa.

François Feihl





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